Matthieu Griesmann est né le 29 décembre 1979 sans mode d’emploi.

            Il a commencé par utiliser ses mains avant de découvrir sa tête, aujourd’hui leur coordination marche une fois sur deux. Il se construit et se recommence, il y a des interférences. Matthieu est connecté à cette fréquence-là, celle qui détourne une enfance de tours HLM en familles d’accueil, et qui plaque des études de droit pour construire un skate-park. Matthieu s’oriente comme topographe dans un lycée technique, il bouffe suffisamment de cartes de géomètres pour comprendre qu’il n’y a pas de lignes droites, puis suffisamment de droit pour comprendre que le free-style c’est casse-gueule et qu’il suffit d’essayer de monter une entreprise après une formation de serrurerie pour que les soudures lâchent. C’est donc tout naturellement qu’il se tourne vers la charpenterie.

             Les études d’art, il a fallu qu’il rencontre des étudiants et des artistes pour y penser. Entre deux chantiers de BTP, il se fraie un chemin vers le diplôme d’arts plastiques à coups de ciseaux à bois et crée autant d’installations artistiques que d’installations collectives, sociales, informelles et formées par le besoin de faire, de vivre ensemble. Parmi elles, on peut compter L’Hôtel des Vil-e-s de Clermont-Ferrand, squat d’activités toujours actif. Il répartit dès lors son temps entre régie de ZADs et régie d’expositions, une politique à plusieurs niveaux que des études en ethno-sociologie l’ont aidé à digérer. Depuis 2018, il construit à plein temps des sculptures sans prétexte.

           Matthieu Griesmann est le genre qui fait plus qu’il ne parle. Son travail ne s’explique pas, un peu comme le fait qu’on soit là, avec nos têtes et nos bras. Ce n’est pas avec des discours qu’il questionne le pourquoi du comment, mais il est toujours prêt à trouver une réponse.